Qui étaient les Mages qui ont rendu visite à Jésus ?
Les Mages étaient des hommes de savoir venus de l'Orient qui, guidés par une étoile extraordinaire, voyagèrent jusqu'à Bethléem pour adorer l'enfant Jésus. La Bible les appelle magoi (grec, μάγοι), terme désignant des érudits versés en astronomie, en interprétation des songes et en sagesse philosophique — appartenant vraisemblablement à une classe sacerdotale de Perse ou de Babylone. Ils apparaissent en Mt 2,1-12 et représentent l'un des moments les plus significatifs de la reconnaissance de Jésus par les nations, dès l'ouverture de sa vie.
Ce que la Bible dit réellement sur les Mages
Le récit principal se trouve en Mt 2,1-12. Des hommes sages venus de l'Orient arrivèrent à Jérusalem en demandant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à son lever et nous sommes venus lui rendre hommage » (Mt 2,2). Ils se présentèrent d'abord devant le roi Hérode le Grand, que cette nouvelle troubla profondément. Les grands prêtres et les scribes, consultés par Hérode, indiquèrent Bethléem en s'appuyant sur Mi 5,1. L'étoile guida de nouveau les Mages, et ils trouvèrent l'enfant avec sa mère Marie ; ils se prosternèrent et lui offrirent des présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe (Mt 2,11). Avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils prirent un autre chemin pour rentrer dans leur pays.
Le texte biblique ne précise pas le nombre des Mages, ne les appelle pas rois et ne donne pas leurs noms. La tradition des trois rois mages — nommés Gaspar, Balthazar et Melchior — ne s'est développée qu'à partir du VIe siècle après J.-C. : la première source occidentale à rassembler ces trois noms est les Excerpta Latina Barbari (vers 520 ap. J.-C.). Le chiffre trois lui-même fut vraisemblablement déduit des trois présents mentionnés dans le texte.
Qui étaient ces sages venus de l'Orient ?
Le terme grec magoi (apparenté à l'araméen maguš) était largement employé dans le monde antique pour désigner une classe de prêtres-érudits étroitement liée à la Perse et à Babylone. L'historien Hérodote utilise le même mot pour les prêtres mèdes chargés de l'interprétation des songes et des rites religieux. Sous les règnes de Darius et de Cyrus, ces sages avaient accès aux cours royales et étaient régulièrement consultés pour les événements célestes.
Il est plausible que ces Mages aient eu connaissance des Écritures hébraïques grâce à la diaspora juive en Babylonie et en Perse — notamment le livre de Daniel, qui annonce la venue d'un souverain oint (Dn 9,25). Cette familiarité avec la prophétie pourrait expliquer pourquoi ils associèrent le phénomène astronomique observé à la naissance d'un roi exceptionnel en Israël. Nb 24,17 évoque également « une étoile issue de Jacob » — passage connu et interprété de façon messianique aussi bien par les Juifs que par les communautés voisines.
Idées reçues courantes sur les Mages
Plusieurs éléments populaires entourant les Mages ne trouvent aucun fondement dans le texte biblique et méritent d'être clarifiés :
- « Trois rois » : la Bible ne précise pas combien de Mages il y avait. Le chiffre trois vient des trois présents (or, encens, myrrhe), mais il pouvait y en avoir deux, quatre, ou bien davantage dans le groupe.
- « Ils arrivèrent à la crèche la nuit de la naissance de Jésus » : Matthieu indique que les Mages trouvèrent l'enfant dans une maison (Mt 2,11), non dans une étable. De plus, l'ordre d'Hérode de tuer les garçons de moins de deux ans (Mt 2,16) laisse supposer que les Mages arrivèrent des mois, voire jusqu'à deux ans, après la naissance.
- « Ils étaient rois » : le mot magoi ne signifie pas roi. L'association à la royauté est née d'une lecture allégorique de passages tels que Ps 72,10-11 et Es 60,3, qui évoquent des rois apportant des présents au Messie.
- « L'étoile était une comète ou une conjonction planétaire » : l'étoile des Mages a suscité de nombreuses théories astronomiques — conjonction planétaire, supernova, comète. La Bible n'en explique pas la nature ; il s'agissait peut-être d'un phénomène surnaturel conçu spécialement pour les guider vers une destination précise, d'une manière qu'aucun événement céleste ordinaire n'aurait pu accomplir.
La portée théologique des Mages
La visite des Mages revêt une signification théologique profonde dans l'Évangile de Matthieu. Ce sont des Gentils — des hommes extérieurs au peuple d'Israël — qui reconnaissent et adorent le Roi des Juifs. Cela annonce un thème central de Matthieu : Jésus est le Messie non seulement pour Israël, mais pour toutes les nations (Mt 28,19). Tandis que le roi Hérode et les chefs religieux de Jérusalem étaient troublés par la nouvelle, ces étrangers avaient parcouru une grande distance pour lui rendre hommage.
Les trois présents portent également une riche symbolique : l'or désigne la royauté de Jésus ; l'encens, sa divinité (l'encens était utilisé dans le culte rendu à Dieu) ; et la myrrhe, sa mort (la myrrhe entrait dans les rites funèbres). Ensemble, cette triple offrande proclame, dès le début de la vie de Jésus, qui il est et ce qu'il est venu accomplir.
Ce passage montre également que Dieu est souverain dans sa façon d'attirer les hommes vers son Fils — il utilise une étoile pour guider des sages d'Orient, et l'Écriture pour confirmer la destination. Il peut se servir de moyens inattendus pour amener les gens à adorer le Christ.
Ce que les Mages nous apprennent aujourd'hui
Les Mages nous enseignent qu'une recherche sincère de Jésus transcende toutes les frontières géographiques, culturelles et ethniques. Ils voyagèrent longtemps à un coût personnel élevé, convaincus que trouver le Roi valait tout. Et lorsqu'ils le trouvèrent, leur réponse fut une adoration véritable — non une simple curiosité intellectuelle.
La question qu'ils posèrent en arrivant — « Où est le roi des Juifs ? » — demeure une question vivante pour chaque cœur : quelle place Jésus occupe-t-il au centre de ma vie ? L'histoire des Mages est une invitation à le chercher avec la même détermination, à se laisser guider par la révélation qu'il offre, et à s'incliner devant lui lorsqu'on le trouve.
Références bibliques clés
Mt 2,1-12 · Mi 5,1 · Nb 24,17 · Dn 9,25 · Ps 72,10-11 · Es 60,3 · Mt 28,19 · Mt 2,16