Septante
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La Septante, désignée par le sigle LXX (en référence aux soixante-dix ou soixante-douze traducteurs légendaires), est la plus ancienne traduction de l'Ancien Testament hébreu en grec. Elle constitue l'un des monuments les plus importants de la littérature religieuse de l'Antiquité et joue un rôle fondamental dans la transmission de la Bible juive vers le christianisme.
Origines et formation
Selon la Lettre d'Aristée, document pseudépigraphique du IIe siècle av. J.-C., la traduction de la Septante aurait été commandée au IIIe siècle av. J.-C. par le roi Ptolémée II Philadelphe (285-247 av. J.-C.), souverain hellénistique d'Égypte, pour enrichir la Bibliothèque d'Alexandrie. Soixante-douze sages juifs venus de Jérusalem auraient traduit le Pentateuque en soixante-douze jours, parvenant miraculeusement à des versions identiques.
Au-delà de la légende, les historiens reconnaissent que la traduction du Pentateuque fut effectivement réalisée à Alexandrie au IIIe siècle av. J.-C. pour répondre aux besoins de la communauté juive hellénophone d'Égypte, qui ne maîtrisait plus l'hébreu. Les autres livres de l'Ancien Testament furent traduits progressivement du IIIe au Ier siècle av. J.-C. par différents traducteurs, ce qui explique la diversité stylistique du corpus.
Une Bible élargie
La Septante se distingue de la Bible hébraïque par plusieurs traits importants. D'abord, elle inclut les livres deutérocanoniques (Tobie, Judith, Sagesse, Siracide, Baruch, 1-2 Maccabées, etc.), absents du canon hébreu rabbinique mais conservés par les chrétiens catholiques et orthodoxes. Ensuite, elle propose un texte parfois différent du Texte Massorétique hébreu, attestant un état antérieur de la tradition textuelle. Les manuscrits de Qumran ont confirmé que la Septante reflète parfois des leçons hébraïques anciennes différentes de la vulgate massorétique.
Pour le christianisme primitif, la Septante fut la Bible. Les auteurs du Nouveau Testament citent presque toujours l'Ancien Testament d'après la Septante, et non d'après l'hébreu. Les Pères de l'Église grecs, latins et orientaux la considérèrent comme inspirée et la commentèrent abondamment. Elle demeure aujourd'hui le texte officiel de l'Ancien Testament dans les Églises orthodoxes.
La traduction de Brenton (1851)
L'édition anglaise classique de la Septante est l'œuvre de Sir Lancelot Charles Lee Brenton (1807-1862), érudit anglais publiée par Samuel Bagster & Sons en 1844 et 1851. Brenton offrit la première traduction anglaise complète et accessible de la Septante, avec le texte grec en regard. Cette édition bilingue connut un succès considérable et reste, plus d'un siècle et demi plus tard, la référence anglophone la plus diffusée pour l'étude de la Septante.
Brenton suivit principalement le texte du Codex Vaticanus (B), l'un des plus anciens et précieux témoins de la Septante, complété par d'autres manuscrits pour les lacunes. Sa traduction, élégante et fidèle au style biblique anglais traditionnel, permet au lecteur non helléniste d'accéder au texte qui a façonné la pensée des Pères de l'Église et l'exégèse chrétienne primitive.
Aujourd'hui dans le domaine public, la Septante de Brenton continue de servir aux études bibliques, à la liturgie orthodoxe en milieu anglophone et à la recherche en patristique et en théologie biblique.